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Multi Dys et TDAH…. Pas si grave, moi, je le vis bien!

By octobre 14, 2018 Actualité, ARTICLES de Blog

Interview de Nicolas Morfin, un des fondateurs de l’Académie des Dragons.

Nicolas a plus d’une corde à son arc. Il a été tour à tour, charpentier, chef d’entreprise, directeur de centre de vacances, formateur, animateur. Aujourd’hui, quand il a besoin de passer un concours ou un examen, il le fait avec une facilité déconcertante. Pourtant l’appréciation en bas de son bulletin de 5° aurait pu lui couper les ailes: « Doit chercher de toute urgence un métier »… il avait 14 ans…

Interview d’un enfant hors norme, devenu homme.

CL: Quels sont les troubles de l‘apprentissages qui t’ont été dyagnostiqués et à quel âge?

NM: Je suis en né en 1981, du coup, je n‘ai jamais été diagnostiqué à l‘école car à l‘époque ça ne se faisait pas. Du coup, j‘ai été traité de paresseux, de cancre,  de fainéant, de turbulent et de rêveur… Et puis à 12 ans, en 5°, mon prof principal a dit à mes parents que je devais chercher un métier.

 

CL: Et toi comment as-tu vécu ta scolarité jusqu‘en 5°?

NM: Moi, j‘ai très bien vécu ma scolarité en fait (il éclate de rire), bon mes parents et mes prof beaucoup moins… Il y avait des copains avec qui s‘amuser et comme je savais que j‘étais nul, les notes me passaient complètement en dessus de la tête. Mes défis personnels étaient de l‘ordre: « Détourner la question pour ne pas répondre à la question en restant surtout en dehors du genre de réponses que le système attentait de moi“ ou avec certains profs « Écrire le plus de conneries possibles en un minimum de temps“. Je jouais beaucoup en fait! Pour les fautes d‘orthographe, j‘avais pas trop à me forcer…

 

CL: Dirais-tu que tes professeurs te voyant plutôt intelligent dans tes réponses à l’oral, pensaient que tu le faisais exprès?

NM: Il y avait trois types de prof.

Ceux qui me punissaient et me faisaient faire des lignes ou me faisaient revenir le samedi matin ( comme mon prof d‘anglais de 5°). Pour un dysgraphique…c‘était des heures après mes devoirs, c‘était horrible. J‘essayais de trouver des systèmes pour écrire plus vite les mots, comme  utiliser du papier carbone, attacher deux stylos en même temps…

Ceux qui me demandaient très rapidement d‘arrêter mes bêtises et de me mettre au boulot et qui m’aidaient. Ceux-là me poussaient dans ce que je savais faire, pour me faire progresser. Je me souviens de ma prof de maths de 5° par exemple, elle me lisait les consignes pour que je les comprennes et me donnait des exercices supplémentaires car je finissais avant les autres.

Enfin, ceux qui me demandaient de me mettre au fond de la classe, de faire ce que je voulais tant que je les laissais faire leur cours sans les embêter (ma prof d‘histoire géo de 5°). Et oui… j‘avais tellement d‘idées qui se mélangeaient dans ma tête et de questions à poser que la prof n‘avançait pas assez dans son programme….

 

CL: Tu as l‘air d‘avoir des souvenirs très précis de cette année de 5°. Dirais-tu que cette année a été une année charnière dans ta scolarité et dans ton apprentissage?

NM: J‘ai des souvenirs très précis de cette année là car elle a été la pire de toute ma vie. Je ne comprenais pas ce que je faisais à l‘école. J‘en étais malade de devoir y aller. Je n‘avais plus envie d‘avoir cette image de cancre, de gamin dysfonctionnel. Je voulais montrer que j‘étais intelligent, que j‘avais des choses à raconter, à montrer. C‘est cette année là que j‘ai compris que je devais rentrer dans des cases et je me suis rendu compte que j‘en étais incapable.

 

CL: Que s‘est-il passé ensuite?

NM: J‘ai demandé à mes parents de changer d‘école et de devenir interne. Je voulais quitter le contexte de l‘école et de la famille. C‘est comme ça que je suis arrivé dans un lycée agricole privé où j‘ai été pendant 2 ans le plus jeune du lycée! J‘y ai fini mon collège et fait tout mon lycée. J‘y ai passé mon premier bac technique, ainsi qu‘un CAP et un BEP.

 

CL: Pour le coup, ça a l‘air d‘être de bons souvenirs! Qu‘est ce qui était différent dans ce lycée?

NM: Oui, pour moi ces 6 années ont été exceptionnelles. Elles rassemblent mes meilleurs souvenirs. Qu‘est ce qui était différent? Tout!!

La première grosse différence c‘était que je n‘étais en compétition qu‘avec moi-même. Il y avait des notes mais elles n‘étaient pas communiquées à tout le monde .Les objectifs qui était à atteindre à la fin de la semaine ou à la fin du trimestre était différents pour chacun et dépendaient de ses capacités de départ. Il ne fallait pas être le meilleur, il fallait « juste » faire de son mieux pour être mailleur qu‘avant.

La deuxième chose très importante que j‘ai découverte…. Une matière ne sert à rien sans toutes les autres.  Dans le savoir tout est lié en permanence.

 

CL: Comment es tu rendu compte de ça en tant qu‘adolescent?

NM: Premier cours de biologie en 3°, jeudi 8h/16h…en tenue de sport …. avec le prof de biologie, le prof de chimie, la prof de mathématiques, la prof de sport, et la prof de français.
Sujet du cours: le corps humain une machine imparfaite.
Nous avons formé des petits groupes et pour la première fois, on m‘a demandé d‘émettre des hypothèses, de les vérifier … il nous a fallu un an de cours dans les différentes matières pour vérifier toutes les hypothèses.

 

CL: Aujourd’hui‘hui, as-tu eu les diagnostics correspondant à tes difficultés ?

NM: Je n‘aime toujours pas rentrer dans des cases mais si on devait qualifier mes difficultés et mes troubles d‘apprentissage…

Le premier serait la dyslexie puis la dysorthographie et la dyspraxie avec un soupçon de dysphasie descendante. Vous ajoutez à cela un trouble attentionnel agité d‘hyperactivité et je crois que vous avez un éventail de mes différences!

 

CL: Aujourd‘hui, le fonctionnement différent de ton cerveau est-il un problème pour toi?

NM: Mon fonctionnement différent n‘est pas un problème pour moi, je ne connais que celui-là! Il peut arriver par contre que mon fonctionnement continue de perturber certaines personnes.

 

CL: Dirais-tu que tu as trouvé des façons de faire comme tout le monde?

NM: En apparence , je fais comme tout le monde. Aujourd’hui, dans ma vie quotidienne, on ne me demande plus d‘expliquer comment je suis arrivé au résultat. L‘important c‘est d‘avoir son propre chemin, d‘en être conscient et d‘être capable de le faire évoluer, de l‘adapter aux difficultés que l‘on rencontre. Aujourd’hui, je peux expliquer comment moi j‘ai trouvé un chemin, je ne pense pas que ce chemin soit celui d‘un autre mais il peut inspirer les autres.

Interview réalisée par Camille Lamoureux

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